Les bleus chez les Khmers – Cambodge

Cela fait 2 mois maintenant qu’on voyage. Aujourd’hui on passe la première frontière par voie terrestre, du Vietnam que nous quittons avec peu de regrets après un delta du Mékong qui nous a quelque peu éreinté, vers le Cambodge que nous avons hâte de découvrir.
Notre passage de frontière se passe donc sans encombres, moyennant un petit bakchich de 5$/pers (un douanier asiatique se doit d’être corrompu !!!). On a droit aussi à une visite médicale fictive qu’on paye 1$, d’ailleurs Thom et moi sommes en parfait harmonie, même notre température corporelle est identique ;-). 36,6°C c’est parfait, le « docteur » est content. Permission de 30 jours chez les khmers accordée.

Prochaine destination, Kep, petite bourgade balnéaire à l’extrême sud-est du pays. On s’est fait plaisir pour cette fois-ci, bungalow de petit bourgeois avec piscine et vue sur la jungle et la mer. On se rend bien vite compte que Kep n’est pas Phuket et que le calme de l’endroit, encore peu fréquenté par le touriste de masse nous permettra de recharger les batteries.
Le Cambodge ça commence bien…
On s’apercevra par la suite que c’est à peu près pareil pour tout le pays. Pas de grands attroupements de touristes, ici on est encore dans le territoire quasi exclusif du backpacker, Siem Riep mis à part.
Ne tournons pas autour de la confiture… heuu du pot, on le dit sans encombre, le Cambodge on y est bien, on aime, on adore !! (même si la confiotte, elle est pas vraiment pas top ici !).

Le Cambodge on y est bien, on aime, on adore !!

Ce pays pour moi, c’est d’abord un souvenir très marqué d’un projet de classe, quand j’étais petite (même si je ne suis toujours pas très grande !). À l’école, on nous avait demandé de soutenir une association qui venait en aide aux pays les plus touchés par la famine. C’était il y a 20 ans. Et depuis, le Cambodge, tout en douceur, s’est refait une santé. Le pays est en plein boum. Toujours considéré comme un pays en voie de développement, et pour cause, il reste encore beaucoup de choses à accomplir. Mais la bonne nouvelle, c’est que ça bouge chez les khmers, et ça bouge fort. On a ressenti chez eux une réelle envie de changer les choses et de faire avancer l’économie du pays.

A ce stade là, je pourrais me lancer dans une longue diatribe sur les dérives du progrès, le rachat des terres khmers par les chinois (et oui, ils sont vraiment partout !!!), ou encore la réalité d’un parti politique unique, un peu CoCo et pas que sur les bords.
Mais on est pas là pour discuter le bout de gras, on a pas vraiment vocation à faire une analyse socioéconomique du Cambodge, d’autres le font bien mieux que nous.

Nous ce dont on voudrait vous parler, c’est de notre ressenti, et franchement, on le sent bien. On a sillonné le pays et partout où on est passé, on a pu constater que l’héritage des puissants Khmers, ceux-là même qui ont fait cette merveille qu’est Angkor, donne à ce pays une force incroyable qui nous réjouit.

On est pas là non plus pour parler histoire, mais on voudrait juste rappeler qu’il n’y a même pas 30 ans, les Khmers Rouges, sous la houlette de Pol Pot, ont renvoyé ce pays à l’âge de pierre. Ils ont détruit toute l’économie et ont massacré UN TIERS de sa population, et tout cela au nom d’une idéologie complètement absurde.
Donc nous, on est en totale admiration devant ces gens, qui ont su se relever et qui aujourd’hui sont en bonne voie.

Notre itinéraire, une fois de plus, n’a rien de bien farfelu, on a suivi les conseils d’une bretonne qui se reconnaîtra peut-être et qui, a elle même pris son bâton de Pellerin il y a 10 ans pour sillonner le monde.

Son conseil, qui se révèle pour nous plein de bon sens au fur et à mesure du voyage : inutile de vouloir sans arrêt sortir des sentiers battus, le monde à l’heure qu’il est à été catalogué, répertorié et passé à la moulinette du tourisme. Si les gens vont tous aux mêmes endroits, c’est pas pour rien, c’est que ce sont les endroits les plus intéressants. Et c’est vrai, à quelques exceptions près quand même!

Une autre réalité c’est qu’il faut avoir beaucoup d’énergie et un brin de folie, pour s’aventurer pendant de longues périodes dans des zones perdues où le fait même de trouver à manger peut se révéler difficile. Donc les sentiers battus, c’est déjà pas mal pour nous, même si on s’en écarte occasionnellement.

Voici donc, comme à notre habitude un petit condensé de nos impressions, ville par ville.

Crabe au poivre vert de Kampot

Crabe au poivre vert de Kampot

Kep

On a aimé
La tranquillité du lieu. Kep c’est tout petit et ça fait du bien !!
Les expatriés français :
Le couple d’un italien et d’une française/vietnamienne qui avait racheté 1 mois avant notre venue, le petit resort où nous avons élu domicile. Pleins de gentillesse, l’un comme l’autre, ils nous ont fait part de leur expérience d’expat´ au Vietnam, en Thailande et au Cambodge. La soixantaine passée, on rêve un jour d’être aussi libres et téméraires

Le propriétaire d’un petit restaurant appelé la Baraka, dans lequel nous avons pour la première fois depuis 2 mois et demi mangé des rillettes, une pizza tartiflette pour Thom et des pâtes aux 4 fromages pour moi. Autant vous dire qu’on était en manque sévère.

Et notre coup de cœur absolu, même après tant d’autres pays. Le plat à faire oublier Mamie et ses fleischschnacka. Le crabe au poivre vert de Kampot !!!! Nos papilles s’en souviennent encore et rien que pour ce plat, on est sûrs de retourner au moins à Kep un jour.

Le crabe au poivre vert de Kampot, un goût de paradis !

On a moins aimé
De ne pas pouvoir se baigner dans la mer, pourtant si belle. Les plages sont investies exclusivement par les locaux, qui s’y baignent tout habillés et y font leur pic-nic. On a pas voulu nous imposer à eux. Qu’il profitent encore de cette plage, avant que les resorts n’y poussent et qu’ils n’y soient plus les bienvenus.

Il n’y a pas d’ATM à Kep, il faut aller à Kampot pour en trouver un… 25km de piste sur une route en construction, mauvais souvenirs de trajet, mais apprentissage du pilotage de la mob’ sur terrain instable pour Thom !

L’île aux lapins, Rabbit Island (on a pas vu de lapin d’ailleurs, grosse arnaque !!! 😉 ). L’île est sympa, la mer aussi, mais comme partout en Asie du Sud-Est, on se sert du plastique pour la pêche et l’agriculture. Une fois usé, tout ça finit sur les plages et dans l’eau. Ça gâche le paysage et surtout, ça ne disparaît pas tout seul, ça pollue et ça tue les animaux qui le mange ou s’y emmêlent.

Pression à 1$ !

Pression à 1$ !

Sihanoukville

On a aimé
La guesthouse The Big Easy qui porte bien son nom, surtout avec la pression à 1$.
Notre rencontre, apéro, cuite avec 2 tourdumondistes Virginie et Yves (qu’on salue au passage) avec qui on partageait pas mal de points communs et qui eux mêmes tiennent un blog plein d’humour : http://kevincoulaflotyvonfaireletourdumonde.blogspot.com/

On a moins aimé
Ben Sihanoukville tiens !! La plage n’est pas exceptionnelle, la ville pas vraiment non plus. Il y a beaucoup trop d’enfants dans les rues qui tentent de vous vendre tout et n’importe quoi parce que leurs parents estiment que ça rapporte plus que de les envoyer à l’école et de leur assurer un futur.

Encore une fois, on est pas là pour discuter politique, mais on est triste du constat. Et d’ailleurs si cela vous arrives durant l’un de vos voyages, s’il vous plait ne leur achetez rien. Cela les aidera peut-être sur le moment, mais sur le long terme, un enfant qui rapporte à ses parents ne se verra jamais sur les bancs de l’école.

Le fait aussi que tout est un peu fait ici pour que ça devienne le nouveau Phuket… Bon ils en sont encore loin, mais ça y ressemble doucement et c’est dommage.

Lucie & Seb

Lucie & Seb

Phnom Penh

On a aimé
L’ambiance de la ville.
C’est une capitale certes, mais elle ne se prend pas au sérieux. La circulation y est dense et plus d’une fois, on a serré les dents et d’autres choses aussi sur notre scooter.
Mais l’ambiance de la ville reste détendue. On s’y est senti en sécurité et en confiance et on a aimé y déambuler.

On a également fait la connaissance de Seb et Lucie, deux jeunes expatriés français. Lui était affecté à la supervision de l’université des sciences de Phnom Pen (en gros hein, il est dans la pharmacie et il aide à former les jeunes…), elle aidait à sortir les petites filles de 7 à 14/15 ans des bordels et à leur trouver un foyer d’accueil. Tous deux employés par des ONG françaises, nous saluons leur engagement. Le petit plus, Lucie originaire de Franche-Comté a trouvé avec Thom pleins de points communs que seuls les Franc-Comtois comprennent ! Ils nous ont aussi fait découvrir la ville et ses alentours et nous ont donné le goût de l’exploration des environs d’une ville avec le MotoBike, désormais notre plus fidèle compagnon.

On a moins aimé
Les marchés un peu odorants de la ville. Le poisson, nous farangs on aime bien, mais pas quand l’odeur irrite le nez et les yeux ;-).

Un lac à côté de Batambang

Un lac à côté de Batambang

Battambang

On a aimé
Les environs de la ville. On a passé quelques jours à rayonner autour pour aller se perdre en pleine campagne. Paysage de carte postale garanti et authenticité du logement fermier. En gros des cahutes en bois et en paille.

Les restaurants, et une fois encore, les expartiés français qui nous ont permis de manger du gratin dauphinois (la pomme de terre n’a pas beaucoup de succès en Asie, donc on est en manque), de goûter au vin de Palme qui nous a rappelé un petit Savagnin du Jura et de bières locales Stout pour le plus grand plaisir de Thom.

Notre guesthouse coup de cœur, que nous vous conseillons vivement : le Here Be Dragons, tenu par des britishs adorables. L’ambiance y est extra, on a même eu droit y un barbecue Ribs, un vrai régal pour les papilles!

On a moins aimé
L’ambiance un peu glauque de la ville.
Le marché est si odorant qu’il nous donnait des hauts de cœur à chaque passage obligé.
Les barbelés sur les toits des immeubles qui rappelaient à des camps militaires plus qu’à un centre-ville.

suzythom.com à Angkor

suzythom.com à Angkor

Siem Riep

On a aimé

Alors là grosse surprise : les temples d’Angkor !!!! Énorme machine à soutirer du blé aux touristes, ils n’en restent pas moins les plus beaux édifices que nous avons pu voir jusqu’à présent. Ceci est notre deuxième site « a voir absolument » après le Taj Mahal, et on en a pris plein les mirettes. 3 jours sur place nous ont permis d’apprécier les grands temples, les petits temples et surtout, le parc immense à vélo (il m’aura fallu une merveille du monde pour apprécier une ballade à vélo, vous l’aurez compris, le vélo c’est pas mon truc).

Angkor, allez y, jetez vous dessus et un petit conseil, allez vers les plus petits temples et passez y un peu de temps, ils en valent le détour.

On a moins aimé
La déception du temple majeur, Angkor Wat. Il est grand, il est beau, il est blindé de touristes et pire, de touristes chinois! On a de loin préféré le Bayon, bien plus complexe, majestueux et bien plus mystérieux.

Plus généralement

Maintenant que le cadre est posé ;-), parlons peu mais parlons bien !! Voici quelques raisons pour lesquelles vous ne pouvez pas passer à côté du Cambodge :

– la nourriture. Peu connue par rapport à ses voisines vietnamiennes et thai, la cuisine cambodgienne saura régaler vos papilles avec des plats comme le hamock de poisson, le lok Lak de bœuf, les soupes de nouilles et de riz et pour les plus téméraires, pourquoi ne pas tester la mygale frite ( on avoue, le courage nous a manqué).

– les paysages magnifiques, lacs et rizières à perte de vue, des couleurs vives et pléthore de temples bouddhistes, hindouistes, grands, petits, anciens ou récents.

les khmers, que nous avons trouvé adorables et qui ne manquent pas d’humour. Notre citation de chauffeur favorite entendue à siem Riep :

buy one TukTuk, get one free !

Il ne nous ne nous reste donc plus qu’une chose à vous re-dire : jeter vous sur le Cambodge !!!

4 Responses to Les bleus chez les Khmers – Cambodge